TOUSSAINT

Publié le par nicoetseb

LA TOUSSAINT UN JOUR PAS COMME LES AUTRES

Envie d'un tour en corbillard pour enterrer votre vie de garçon ? Peur de ne pas avoir eu le temps de dire à vos proches combien vous les aimez ? Savez-vous que le prix d'une concession funéraire peut avoisiner celui d'un appartement ? Souhaitez-vous conserver votre fibre écolo après votre mort ? Alors que les Français rendent hommage à leurs morts à l'occasion de la Toussaint, les initiatives ne manquent pas pour préparer cette étape incontournable de la vie : la mort ! Petit tour d'horizon.

Un cercueil qui fait un carton

Avis aux écologistes : ne croyez pas que mourir est mauvais pour la planète. A Calais, une association qui fabrique depuis deux ans des meubles en carton vient en effet d'inventer un cercueil écologique et économique, construit avec des cylindres de carton et destiné à la crémation. "Le cylindre, quand il brûle, accélère la combustion car un tourbillon d'air se crée à l'intérieur du tube et donc rejette moins de pollution dans l'atmosphère", explique Chris Vermeulen, créateur de l'association calaisienne Ça cartonne. Si cet exemplaire est pour le moment un prototype, l'association compte bien le commercialiser un jour. "Je suis persuadé qu'il y a une demande. Les cercueils en carton font fureur en Angleterre et en Finlande, pourquoi pas en France ?", s'interroge ce féru de recyclage. Et pour ceux qui souhaitent se faire enterrer ?

Un p'tit tour en corbillard ? 

A Strasbourg, il n'y a pas que les morts qui roulent en corbillard. Un Strasbourgeois, fermement résolu à "ne pas laisser aux morts le privilège de se promener en corbillard", propose depuis peu la location de cet imposant véhicule pour des manifestations et des enterrements... de vie de garçon. Tout commence il y a quelques mois lorsque Nicolas Froehner, grand amateur de voitures de collection, achète "pour le fun" un authentique corbillard de marque Cadillac. Mais s'il parade de temps en temps en ville, surtout lui qui "aime bien aller au supermarché faire mes courses avec", pas question pour autant de rouler à tombeau ouvert : avec un moteur de 5700 cm3, le plein lui coûte les yeux de la tête. Et pas la peine de trop compter sur les locations pour rentabiliser le tout : "c'est pas franchement lucratif. Pour moi, c'est surtout l'occasion de m'amuser un peu", reconnaît-il. Reste que cet humour n'est pas du goût de tout le monde : récemment, ses voisins l'ont prié d'aller se garer plus loin.

Un message de l'au-delà 

Vous avez peur de ne pas avoir le temps de dire au revoir à vos proches lorsque vous disparaîtrez ? Un site Internet baptisé Messavista a été créé afin de permettre de laisser des messages qui ne seront publiés qu'après notre mort. "Nous sommes tous amenés à disparaître un jour, parfois subitement !" affirme le site, qui existe également dans quatre autres langues. Comptez tout de même 28 euros par an si vous souhaitez rédiger 20 messages, et même 784 euros pour 50 messages sur 20 ans. De quoi se persuader de parler de son vivant.

5455 euros le mètre carré

On se plaint souvent des loyers trop chers, surtout à Paris. Mais sachez que dans les cimetières parisiens, un m2 de concession funéraire à perpétuité coûte 5455,22 euros soit à peine moins qu'un m2 dans l'immobilier, estimé en moyenne à 5675 euros. Pour une concession à 50 ans, comptez 1720 euros le m2. A 10 ans, le prix "tombe" à 343 euros le m2. Comme souvent dans l'immobilier, les prix baissent dès que l'on quitte l'intérieur de Paris. Dans les cimetières de Bagneux, Saint-Ouen, La Chapelle et Ivry par exemple, une concession funéraire à perpétuité ne coûte que 2727,09 euros le m2.

Le deuil en direct à la télé

On connaissait les chaînes de télévision consacrées au sport, aux enfants, aux jeux et même bientôt aux seniors. En Allemagne, un entrepreneur compte lancer d'ici à la fin de l'année la première chaîne de télévision dédiée au deuil et aux funérailles, avec de courts films sur les cimetières et la diffusion payante de faire-part de décès. "Il ne s'agit pas de vendre des cercueils, mais de faire une chaîne d'informations", selon Kerstin Gernig de l'Association des entrepreneurs de pompes funèbres, associée au projet, qui veut que la chaîne, baptisée Etos TV, soit "l'ARTE de la culture de la sépulture". Reste que la publicité risque d'être très ciblée.

Tout planifier 

Encore plus aujourd'hui qu'il y a plusieurs dizaines d'années, les gens aiment tout prévoir. Jusqu'à leurs obsèques. Selon un sondage réalisé par le Credoc pour la chambre syndicale nationale de l'art funéraire, 41 % des personnes interrogées souhaitent laisser des instructions pour le déroulement de leurs obsèques. Ce chiffre n'était que de 35% en 2005.

 
 
 
 
 

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